La Somme en Avignon/Le Mistral à réaction

Un blog pleinement interactif : un lieu de réaction à des spectacles vus par un groupe d'habitants picards en séjour au Festival d'Avignon qui sollicite les artistes concernés, les journalistes, les autres spectateurs.

23 juillet 2009

Rencontre du Off • Hervé Germain, Luc Kienzel, Sybille Luperce • Art Tout Chaud

23072009Nous présentons «Nos vies déchaînées», c’est un projet qui a été monté à Avignon, la première a eu lieu le 8 Juillet. C’est rare, parce que c’est une prise de risque. Un spectacle, c’est un peu fragile au début de sa vie. Et Avignon, c’est des conditions particulières, chaleur, fatigue. Nous avions travaillé en février mars à la MCA, sur une idée de Dominique Zay, autour de trois monologues sur l’enfermement, trois personnages. Dominique a écrit (peut-être) un peu en pensant à nous. Nous voulions faire une proposition dans un genre différent, plus intimiste. Dans la pièce, chacun est enfermé et s’évade, à sa manière, ce sont des personnalités un peu cassées par la vie. Nous voulions que le public se pose des questions, alors vous ?
Dans le premier solo, j’ai eu l’impression que l’on ne savait pas à qui vous vous adressez, à la fin, j’ai compris… il s’adressait à un thérapeute
Pourquoi vous avez choisi ces thèmes ?
Dominique a écrit des polars, il a fait du théâtre, il a travaillé dans le milieu carcéral, il a été interpelé par la question des sans papiers, et la maltraitance le touche intimement. Il y avait comme une évidence dans le lien entre les trois solos. Il y a pour chacun comme une prise de conscience, et ils s’enfuient chacun à leur façon. La femme sans-papier, n’était pas là au début, Dominique m’a demandé comment je voyais l’enferment. Et le personnage est apparu.
Moi j’ai cru que vous étiez ukrainienne, c’est les autres qui m’ont dit que non.
Dès le début, Dominique voulait un accent, alors je suis allée au Réseau Éducation Sans Frontière, pour voir, comprendre, et j’y suis toujours investie. Mais, on n’a pas forcemment besoin de vivre les choses pour les ressentir, c’est une question sensible… L’enferment,… au théâtre, on parle du quatrième mur, le public, tu peux jouer avec ça… Mais c’est avant tout comment restituer le bouillonnement intérieur.
C’est comme une libération d’énergie.
Mais moi, à la fin, je crois qu’elle a des papiers ?
À la famille restée au pays, faut pas renvoyer le négatif, on ne peut pas ! Il y a l’espoir donné, il faut le conserver.
Quand elle danse, elle retrouve sa dignité et sa beauté, elle arrive avec les cheveux dans les yeux, au fur et à mesure elle se découvre, elle est belle.
Quand on a commencé à travailler, y’a eu une lettre commune de condamnés à perpétuité pour réclamer le rétablissement de la peine de mort… Le détenu se pose la question de ce qu’il a fait de sa vie, elle n’a plus aucun sens…
Comment faire passer une émotion, comment «jouer» le suicide en prison, qu’est-ce que je montre, comment je joue, il faut trouver l’endroit juste, parce qu’il faut que ce soit violent, mais il faut que ce soit du théâtre, faut pas qu’on tombe dans le réel, au début on pensait à un truc plus gore. Et puis on finit avec la boucle par rapport à l’enfant.
Moi j’ai compris, que c’était lui quand il était petit.
Moi j’avais plutôt compris une image de la liberté
Ça correspond un peu à ce qu’on pense du rôle du théâtre, qui permet à chacun d’imaginer des choses. On raconte la même histoire et chacun la reçoit avec sa sensibilité.
Et dans le premier solo, la main qui sort, c’est quoi, moi j’ai vu comme une corde.
Moi j’ai plutôt vu de l’eau, la nage pour s’en sortir.
Le carreau cassé, je pensais que vous étiez dans la colère.
C’est une façon de vous libérer.
Les voix qu’on a entendues elles étaient dans votre tête ? C’était des voix intérieures ou bien ?
C’était notre premier spectacle à Avignon, mais ça nous a pris aux tripes.

Pourquoi venir au Festival d’Avignon ?
On est coproduit par la MCA, on a des dates à Amiens, à Abbeville, mais pas d’autres. L’intérêt d’Avignon, c’est que c’est un lieu où l’on trouve les programmateurs, on vient pour les rencontrer et ça se concrétise par l’achat du spectacle, puisque c’est notre métier…
On trouve qu’il pourrait y avoir plus de monde. Il y a des gens qui sont plutôt en recherche de divertissement, on a envie d’un peu de folie, de légéreté, ou bien on choisit plutôt un auteur classique ou connu.
Si on avait monté Molière ou Shakespeare, on aurait sans doute plus de monde.
Ouais, mais faut changer !
Molière c’est beau quand même !
Tous les auteurs apportent des émotions…23072009_001

Posté par quelmistral à 14:13 - 2009_Rencontres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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21 juillet 2009

Rencontre du Off • Sylvie Baillon • Chès Panses Vertes

Sylvie Baillon nous a reçu après que nous ayons vu «Tarzan in the garden» le mardi 21 juillet à 18h. Elle nous raconte comment le projet a vu le jour.
D’habitude en théâtre, on part des textes. Là, Jean (l’auteur) et Jean-Marc (le plasticien) sont partis d’un personnage, ils ont passé du temps ensemble, ils se sont racontés des choses sur ce personnages, des tas d’histoires. Ils savaient qu’il n’y avait qu’un acteur (Éric). Après, Jean a écrit des choses et ils ont fait de l’archéologie dans l’atelier de Jean-Marc, il a construit peu de choses pour le spectacle, le personnage du début, Roger, et la souche, le reste se trouvait déjà dans l’atelier. Quand on travaille la marionnette, on a souvent Pinocchio dans la tête.
Est-ce qu’il a réglé des comptes avec Pinocchio ?
Effectivement, il est assez malmené.
Ensuite Sylvie et Éric expliquent comment les objets ont été fabriqués. Jean-Marc a rencontré la marionnette, il les a fait en mousse, en fil de fer, en latex, masi le latex a très mal vieilli.
Au niveau de la fabrication , c’est du bois ou bien ?
Sylvestre, ça vient de sylva, la forêt.
Pour la tête, il travaille avec des morceaux de bois qu’il cherche et qu’il trouve en forêt de Saint Gobin. Après les bras, les articulations, il les a retravaillé avec des bandes plâtrées, de la résine.
Comment il a fait celui dans la poche.
Il a mis un personnage en résine, et puis avec un moule en forme de goutte et puis un fil de fer et de la colle. Jean-Marc construit des histoires tout le temps. Il prend des photos de sites connus sur internet et puis il met Sylvestre dedans. Et là, il commence à faire du dessin animé avec Sylvestre. Après quelqu’un a fait la musique, c’est Karine Dumont, et puis Éric a construit la régie lumière. Ça nous a demandé 5 semaines de travail à temps complet. Et puis aussi tous les éclairages dans les petites boites qui n’en avaient pas. À peu près une cinquantaine de batteries qu’il faut charger tous les jours.
Ça se joue dans une salle de théâtre classique ?
Non, ça se joue toujours dans ces conditions, le dispositif est toujours le même. Je voulais travailler sur les codes de l’expo. Les supports, les néons, … Et puis les codes du jeu. On assiste à la pièce, et on peut visiter l’expo.
En tout cas, on y a cru !
Vous allez en voir, vous allez le chercher, le découvrir partout. Et Jean-Marc, il dit qu’il existe puisqu’il est là. C’est un peu comme le Dahut.
Les enfants, ils y croient ?
Est-ce que des tableaux comme ça, il en a fait d’autres ?
On a pas pris tous les trucs de Jean-Marc.
Vous êtes là depuis le début ?
On est là tout le mois. On vient tous les deux ans, alors il y a des gens qui viennent, qu’on retrouve. Avignon, c’est un concentré paroxistique du théâtre. On vient rencontrer des professionnels, des journalistes, parce que c’est important pour notre métier. Ça fait 6 jours qu’on fait le plein deux fois par jour (52 personnes).
J’ai beaucoup aimé.
Moi j’ai eu très peur avec la scie.
Je me suis demandé pourquoi il chantait comme ça au début, et puis après j’ai compris.
Et puis ses yeux qui ressortent quand il parle du Sylvestre.
Il est pas beau, mais en même temps, il a une bonne tête.


Posté par quelmistral à 19:14 - 2009_Rencontres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Rencontre du In • Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre • Sous l’oeil d’Œdipe

Je n’étais pas super bon à l’école, mais j’aimais bien faire des conneries, y’avait un atelier théâtre, y’avait des filles, j’y suis allé pour des mauvaises raisons, les filles ça n’a pas trop marché.
Je pensais qu’on allait m’aborder dans la rue, pour me proposer un rôle… Mais c’est pas comme ça, alors, j’ai commencé comme ouvreur, et c’est comme ça que j’ai regardé le théâtre et j’ai compris que le théâtre c’est refaire, et, pourl’acteur, donner l’impression que c’est la vie, c’est unique, du nouveau à chaque fois… C’est un vrai travail physique, l’acteur doit être en forme tous les soirs. J’ai fait une formation, au conservatoire, j’ai commencé à écrire. Les copains ont été sympas, ils ne devaient rien comprendre, mais ils n’ont rien dit. Je me suis mis dans la salle, et je suis devenu metteur en scène.
Comme dans un jugement ?
Ça dépend, pour les mauvais oui, mais c’est un peu comme entraîneur. Là, je suis acteur, et le metteur en scène a écrit autour du thème d’Œdipe. L’histoire : Laïos, roi de Thèbes épouse Jocaste, ils ont un fils Œdipe ; annonce qui leur est faite : exil d’Œdipe ; il parcourt le monde ; revient par hasard à Thèbes ; rencontre Laïos, le tue ; une malédiction règne sur Thèbes : la Sphinge, pose toujours la même énigme : « celui qui arrivera à se débarasser de moi si on répond à l’énigme : qui marche à 4 pattes le matin, 2 l’après-midi et 3 le soir »… (tout le monde dans le groupe connaît la réponse) ; mariage ; sacre ; 4 enfants : Polynice, Étéocle, Antigone et Ismène ; Jocaste qui déjante ; la peste qui envahit Thèbes ; questionnement d’Œdipe ; révélation ; le type responsable doit s’exiler a dit le roi Œdipe ; Antigone, sa fille l’accompagne, route et poésie ; dans le palais opposition entre les deux frères, qui devaient alterner au pouvoir ; faute originelle qui pèse comme une malédiction.
Alors, si y’avait pas eu l’exil du départ, y’aurait pas la malédiction ?!?
C’est un truc de justice en quelque sorte ?
Suite de l’histoire : Polynice vient avec l’armée d’Argos, les deux frères s’entretuent, Thèbes gagne, Antigone amoureuse de Polynice, Antigone va aller contre la loi, Antigone va être exécutée par Cadmos, et le seul personnage de la famille qui s’en sort, c’est Ismène… Le mythe, il se construit parce que différents auteurs reprennent la même histoire, c’est le cas dŒdipe.
Présentation du lieu
C’est un gymnase, pendant le festival d’Avignon, des lieux qui ne sont pas de théâtre le deviennent. Scène bifrontale (gradins de chaque côté de la scène) pour avoir la notion de chemin. D’un côté le Palais et une espèce d’abstraction où les personnages vont mourir. Trône, morceau de bois, peu de choses en décor.
Ce qui est dur dans le bifrontal, c’est la présence des spectateurs de chaque côté, si je regarde d’un côté, les autres voient mon dos, obligé de jouer sur les côtés et de parler fort…
Laurent parle de son expérience et de la difficulté à porter la voix.
En tant que metteur en scène, t’as pas envie de donner ton avis ?
Non, c’est le jeu. Là, je suis comédien, je suis les indications de Joël Jouanneau, le metteur en scène.
On se ballade un peu dans l’espace, pas de lumière, les techniciens sont en train de dormir… (le spectacle se joue à 22 heures et dure 3 heures). Visite de la scène et de l’arrière scène, des loges, Œdipe dans l’ensemble du monde (fond, cyclo, comment ça marche)
En tant que comédien il y a un placement chaque soir dans le cadre donné. Ton partenaire, le placement, chaque soir en fonction de la journée, y’a des soirs où t’es bien, d’autres où t’es pas bien. Ressenti hyper subjectif, regardez vous en tant que spectateurs, suivant votre journée, vous allez sentir le spectacle différemment.
Combien êtes vous ?
8 personnages,
Vous allez faire une tournée ?
Strasbourg, Nantes, Lyon, Paris, Colombes, étranger…
Vous allez jouer en bifrontal ?
Ça dépend des théâtres, des finances des lieux qui nous accueillent.
Et vous, qu’est-ce que vous préférez ?
C’est assez excitant, un nouveau défi dans chaque lieu.
Combien ça coûte de monter une pièce comme ça ?
Cher, il y a des acteurs connus, autour des 8 acteurs, une équipe technique, des créateurs…

Posté par quelmistral à 12:57 - 2009_Rencontres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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