La Somme en Avignon/Le Mistral à réaction

Un blog pleinement interactif : un lieu de réaction à des spectacles vus par un groupe d'habitants picards en séjour au Festival d'Avignon qui sollicite les artistes concernés, les journalistes, les autres spectateurs.

29 juillet 2008

À propos de la critique d'Hamlet par Jean-Pierre Léonardini dans l'Humanité du 18 juillet

"On ne cache pas sa joie", "terriblement décapante", "est-il fou ou simule-t-il ?", "hamlet occupe tout le terrain", "des trucs à la Buster Keaton", "un film hollywoodien"
Il nous a semblé que la notion de joie était discutable. Certains ont été choqués par le caractère cru de certaines scènes évoquant l'inceste ou le viol. D'autres ont éprouvé une forme de contentement, juste sentiment quand on a tenu face à la représentation d'un chef d'œuvre. D'autres enfin ont été intéressés par la dimension divertissante, volontairement choisi par le metteur en scène.
Le caractère violent de la mise en scène est accentué par l'apport de la musique : on n'entend pas, on éprouve dans le corps, dans les entrailles, dans le ventre… Mais cet effet choquant, décapant, est peut être atténué par le fait de pousser à l'extrême certaines situations : on tombe alors dans le ridicule, dans l'inhumain, dans l'impossible.
L'alternative : Hamlet est-il fou ou simule-t-il semble ne plus exister ici car le metteur en scène a fait le choix d'un Hamlet fou de bout en bout sans introduire de moments de pur calcul stratégique et politique et de moments d'excès passionnel (un adolescent qui vient de perdre son père, qui voit sa mère se remarier rapidement, qui a un laisser aller sexuel et la découverte du meurtre du père venant relancer ces excès).Remarquons qu'il serait intéressant de mesurer l'importance dans la mise en scène de la vidéo, de la terre, des rideaux et des déplacements horizontaux d'avant en arrière. De plus, on pourrait s'interroger sur l'absence de travail théâtral à partir du lieu : la Cour d'Honneur.
Le rôle de la terre et l'effet "plastique" ? "symbolique" ? est très présent. On pourrait se demander si ces images proprement théâtrales ne sont pas trop fortement signifiante comparée à la poésie très vive des images plastiques : Ophélie prise dans le plastique, le mélange du lait et du sang.
On pourrait se demander si le parti pris d'un Hamlet fou ne fait pas perdre à la pièce sa dynamique, sa dimension politique, son caractère varié donc divertissant qui éviterait le recours massif d'images (Buster Keaton, Hollywood)


Posté par quelmistral à 10:52 - 2008_In_Hamlet - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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