La Mouette semble présenter l'éventail des réussites et des échecs professionnels et humains : la "star", l'écrivain reconnu, le docteur fameux, l'ancien fonctionnaire sérieux, l'écrivain en devenir, la jeune actrice et tout en bas de l'échelle, muette, incapable de dire sa situation : la servante. Un ensemble de personnages qui, par-delà les différences subiront l'échec, l'insatisfaction, le poids de la vie : la mort, l'impossibilité à être aimé, l'amertume, l'indifférence : une pièce profondément humaine.
Mais pourquoi notre insatisfaction à propos de la représentation ?
LaMouette
L'occupation presque totale du lieu semble être une bonne idée, mais la pièce semble perdre son lieu propore et le spectateur éprouve la difficulté à se situer. La rupture dans le ton : les silences semblent peu expressifs. Le parti pris de choisir un homme pour jouer la servante peut être discuté. Les costumes semblent ne pas avoir été choisis par une idée directrice. La pente des gradins du Cloître des Carmes très aigüe fait que le spectacle est appréhendé comme à partir d'un observatoire, d'un microscope qui fige la vie, alors que tout le propos de Tchekov est de faire ressentir cet impalpable, cette amertume, ce sens de la vie. La représentation a subi les aléas du climat avignonais : la dernière heure le vent se levait, on craignait que la pluie reprenne au moment où la mise en scène avait choisi de faire intervenir les éléments du vent, de la pluie… Ce qui a fait que l'attention accordée au spectacle a été parésitée par l'attention que chacun portait à son K-Way, à ses cheveux…