La Somme en Avignon/Le Mistral à réaction

Un blog pleinement interactif : un lieu de réaction à des spectacles vus par un groupe d'habitants picards en séjour au Festival d'Avignon qui sollicite les artistes concernés, les journalistes, les autres spectateurs.

03 août 2007

Images de Richard III

Le jeudi 26 juillet, de retour d’Avignon, nous sommes réunis à la Bibliothèque de Friville Escarbotin. Nous évoquons des images qui restent de la pièce Richard III. Chacun, chacune donne aux autre un moment et un sentiment.

Un moment : On voit une lueur, on suppose qu'il y a quelqu'un. Le lit est à gauche, c'est un lit comme au temps des rois. Une femme aux cheveux longs, roux, bouclés avec une robe satinée avec un gonflant, elle parle. À sa façon de parler, j'ai le sentiment qu'elle se sent délaissée.
Un autre moment : Il y a un qui est descendu, on voit du sang. J'ai un sentiment de "haïssement", ils étaient entre frères, ils se tuent pour récupérer des biens.

Quand Richard entre tout à coup, et passe au-dessus du lit. Je ressens la peur, la surprise.

Richard III est assis sur le lit, il regarde le public. La femme est à genoux derrière lui, elle fait un strip-tease érotique. Il la voit nue, ça n'a pas l'air de lui plaire, ou peut-être qu'il est surpris. Mais en tout cas, après, il part.

La "gonzesse" (j'aime pas ça), elle fait ça parce que… (c'est le roi ?).
Je pense que c'est une drôle de princesse.

La dame étranglée, un blonde, je crois, celle qui a une voix d'outre-tombe. Pou moi, tuer quelqu'un, c'est un meurtre, ça fait quelque chose. Je pense que Richard III tue a mère à la fin. C'est la pire des choses, c'est quand même elle qui l'a mis au monde.

L'étranglement, particulièrement violent. Ça m'a pris aux tripes, plus que le meurtre avec le « flingue ». La scène où le prince est sur le dos de l'autre et qu'il a le « flingue » dans la main. Ça appelle la main innocente qui est utilisée, Richard qui fait faire le sale boulot par quelqu'un d'autre. Par un enfant, c'est la déchéance, il est "déjanté".
La mère qui parle de son fils, de tout ce qu'elle a fait pour qu'il s'en aille. C'est un moment ambiguë, elle finit par dire que malgré tout, elle aime son fils. C'est le seul qui lui reste, c'est le paradoxe, elle se raccroche à lui. Elle l'aime.

Margaret qui accuse Richard III d'avoir tué son fils…
C'était pas beau. C'était affreux, désastreux. Ça m'a fait penser à la guerre.

Claudine, Geneviève, Henriette, Josette, Sandrine, Sylvie et Jean-Claude

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24 juillet 2007

Premières réflexions à partir de trois remarques

"Mais pour nous, ce Richard reste néanmoins un exercice de style un peu vain." (Fabienne Darge envoyée spéciale pour le Monde le vendredi 20 juillet 2007).

Si par vain on entend quelque chose qui est vide et sans intérêt, il nous semble bien au contraire que cette pièce conserve toute son actualité concernant le pouvoir politique et particulièrement concernant la relation mère-fils. Ce qui reste d’une grande efficacité dans cette représentation c’est l’affirmation de la mère de Richard III : « je te choisis comme fils ». On touche là à l’obscurité de la relation mère-fils : comment comprendre que la mère de Richard III, malgré tous les meurtres de son fils, ne le rejette pas ? Est-ce que l’amour maternel reste le plus fort ou est-ce que la mère, dans une sorte de remords, décide de prendre une part de responsabilité dans les exactions de son fils ? Est-ce qu'une mère peut tout excuser ? Concernant cette question, il nous semble que cette représentation a une particulière efficacité car elle renvoie chacun à sa responsabilité en tant que parent.

« La musique moderne, guitare électrique en direct donne une pesanteur au texte. » (un participant au séjour)

La présence de la guitare électrique n’a rien d’incongru dès lors que les costumes, les décors revendiquent une modernité. Le sujet lui-même de Richard III reste moderne : les excès du pouvoir politique, la relation mère/fils. Le fait que la musique soit jouée en direct renvoie en fait à l’origine du théâtre : on sait que sur la scène antique les instruments de musique étaient présents. Mais remarquons que la question de la musique est inséparable de l’amplification des voix dans cette mise en scène. Là encore, on sait qu’à l’origine du théâtre, les voix des acteurs étaient amplifiées par les masques qu’ils portaient. Mais il nous semble que l’efficacité de cette musique de guitare en direct ne porte pas sur le texte lui-même et donc ne lui donne aucune pesanteur, mais porte sur l’action elle-même comme si la guitare venait scander des moments importants de l’action dramatique.
C’est pour cela que l’on pourrait se demander si ce texte ne manque pas d’efficacité dramatique par rapport au texte de Shakespeare. C’est pour cela que le metteur en scène a peut-être besoin d’une manière un peu artificielle de scander extérieurement l’action qui autrement ne serait qu’une succession morne de scènes.


"Pourquoi s'est-il (Ludovic Lagarde) senti tenu de présenter tout cela sous l'angle du grinçant et du grotesque ?" (René Solis envoyé spécial à Avignon pour Libération le vendredi 20 juillet 2007).

Reprocher à la mise en scène de Richard III d’insister sur le côté grinçant de la pièce est peut-être contradictoire. En effet, le personnage central Richard III est grinçant dans le sens où sa méchanceté est toujours inséparable d’une forme d’ironie ricanante et ses gentillesses sont toujours pleines de fourberie. Dans ce sens la mise en scène de Ludovic Lagarde est adéquate au sujet. Concernant le reproche du grotesque, il nous semble que bien au contraire c’est là toute la grandeur de cette mise en scène car elle permet au spectateur de se rapprocher de Richard III qui sans cela serait proprement inaccessible dans sa volonté de destruction. Par le grotesque, Richard est rendu plus humain : il y a un peu de Richard en nous. Autrement dit c’est par le grotesque que cette pièce a toute son efficacité réflexive et amène chacun à s’interroger sur soi. Si Aristote voyait dans la tragédie antique le moyen de se purger de la pitié et de la crainte, la mise en scène de Ludovic Lagarde permet non pas de se purger de sa volonté de destruction, mais d’en prendre conscience et de se donner les moyens de la contenir.


Adélaide, Emmanuelle, Jean-Pierre, Marie-Josée, Martine, Naïma, Etienne et Patrick

Posté par quelmistral à 18:31 - 2007_In_Richard III - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Richard III par Libération et le Monde

Réaction au Richard III de Peter Verhelst, mis en scène par Ludovic Lagarde de la représentation du jeudi 19 juillet 2007.

"Pourquoi s'est-il (Ludovic Lagarde) senti tenu de présenter tout cela sous l'angle du grinçant et du grotesque ?" (René Solis envoyé spécial à Avignon pour Libération le vendredi 20 juillet 2007).

"Mais pour nous, ce Richard reste néanmoins un exercice de style un peu vain." (Fabienne Darge envoyée spéciale pour le Monde le vendredi 20 juillet 2007).

« La musique moderne, guitare électrique en direct donne une pesanteur au texte. » (un participant au séjour)


Tout spectateur de Richard III peut réagir à ces trois remarques.


Le spectacle enregistré au Cloître des Carmes est diffusé dans la nuit du 27 au 28 juillet sur France 2 à 00h45

Posté par quelmistral à 15:38 - 2007_In_Richard III - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juillet 2007

Richard III premières impressions

J’ai sondé mes compagnons de voyage au sujet de la pièce de shakespeare Richard III.
Généralement, nous n’avons pas apprécié cette pièce.

« c’était zéro » dit AdélaideIMG_1488

"j’ai pas compris" dit Martine

"Il me faudrait un décodeur" dit Jean Pierre

"On s’attendait à des costumes d’époque mais ils étaient modernes"

"Je ne suis pas allergique à la transposition moderne, de donner la parole aux femmes" dit Marie-José, "moi non plus . j’ai aimé  le décor qui change de couleur selon l’éclairage, les costumes. Nous avons aimé le jeu des comédiens.

Finalement, nous avons du mal à faire coïncider ce que nous avons appris de l’histoire de ce roi sanguinaire avec la pièce de théâtre. Que signifie la scène finale ? Le roi est tué par son compagnon Loyal alors que dans l’histoire, il est tué par les Français.
La voix de certains comédiens était déformée, voix d’outre-tombe."

Emmanuelle

Posté par quelmistral à 15:57 - 2007_In_Richard III - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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