26 juillet 2011
Phrase du Jour
Pour faire société, crevons l'abscès
Le Mistral à Réaction(s)
Aventuriers du Festival
Il y a eu un petit retard dans la livraison quotidienne d’hier, mais il faut admettre que la journée de samedi avait offert son lot d’aventures.
D’abord, Claude s’est tordu la cheville en sortant de la salle de Présence Pasteur où nous étions allés voir Oublie. À Présence Pasteur, il y a un bar associatif sympa, nous avons demandé un peu de glace et attendu que la cheville dégonfle. Un peu de glace et ça repart… Mais le soir en retournant à Présence Pasteur pour aller voir Nougaro Électro(n) Libre, bing ! la cheville retordue. Nous rentrons tant bien que mal au centre. Sur place, Elisa qui est infirmière, conseille d’appeler les pompiers, qui viennent pour dire qu’il faut appeler SOS Médecin, qui arrive à 1h30 du matin.
De l’autre côté de la ville, l’autre partie du groupe erre le long des remparts et marche pendant 40 minutes pour se rendre compte en sortant, qu’ils sont juste à côté du centre. Beaucoup de chemin pour rien !
Avignon ne ressemble pas aux villes du nord que nous connaissons. C’est le dépaysement total, mais ce dépaysement a un prix : celui de l’aventure… Les rues étroites, tortueuses qui se ressemblent ; les impasses, cul-de-sac et autres pièges ; les pavés qui ne sont pas ceux du Paris Roubaix, mais qu’on dirait faits avec les galets de Mers ou de Ault ; les multiples animations, défilés, costumes, tracteurs, tracteuses, sollicitations de toutes sortes que l’on croise… ressemblent à des pièges dès que l’on se déplace, à plus forte raison lorsque l’on est en groupe.
Le festival est physiquement éprouvant, et quand les corps sont fatigués, ils sont plus fragiles. Et les cerveaux comme les corps sont fatigués, énervés. Dans le groupe, le sentiment que certain(e)s faisaient «bande à part» a échauffé les esprits. Nous avons donc pris le temps d’une longue discussion collective pour partager les insatisfactions. Chacun a donné son avis sur ce sentiment. Et cette «mise à plat» a permis de «crever l’abscès», mais aussi de rendre chacun peut-être plus attentif aux autres.
En conclusion, nous dirions que les aventures cimentent le groupe, il suffisait de voir de quelle façon Claude était entouré par TOUT le groupe le soir au bar en attendant les pompiers, comment il a été «bichonné», porté dans sa chambre, combien chacun se souciait de sa douleur, de son moral… pour disposer d’un révélateur. Au delà de ce que nous voyons, de ce que les spectacles nous apportent et nous nourrissent, il s’agit d’une aventure humaine.
Belle du Seigneur
La Manufacture • Présence Pasteur • 18h30
Sarah avait proposé, elle n’avait pas lu ce livre (que sa maman trouve très bien) et cela lui semblait une façon plus facile de le découvrir.
Avant : Je faisais confiance à Sarah. Je me disais «on verra bien». J’avais pas de préjugé. J’avais repéré ce spectacle par la photo et le titre. Je voulais savoir ce qu’il y avait dans la baignoire.
Pendant : Elle parlait beaucoup. Moi, cette femme m’a plu, sa façon de se toucher, de se caresser m’a procuré des sensations. J’ai trouvé que c’était osé, mais ce sont les choses de la vie. J’étais un peu génée qu’elle raconte autant de choses intimes. C’était une belle femme, j’ai aimé quand elle balance sa tête en arrière dans l’eau. J’aurais voulu connaître la température de l’eau. Émouvant : féminité, poésie et blessures…
Après : J’ai gardé de belles images, pas de paroles. Chacun sa façon de se laver. C’était intriguant, drôle et sensuel. J’ai trouvé ça très courageux, une très grande émotion qui donne envie de lire le livre.
Jacques, Claude, Marie-Hélène, Martine, Nicolas, Stéphane, Sarah
Oublie
Théâtre Inutile • Présence Pasteur • 10h30
Une femme fantôme qui se promenait dans le noir et qui allumait sa lampe pour qu’on aperçoive son visage de temps en temps. Le discours de remerciements à madame le Juge, monsieur le conseiller, monsieur l’avocat général et un peu plus tard il essaie de viser une chouette qu’il rate ; j’ai pensé à de la magie. L’homme qui cherchait après la femme, une partie de cache cache avec un fantôme. J’ai pensé à Mitterrand. Quand il balance son bâton avec la ficelle et qu’il parle de pêche, j’ai trouvé ça bizarre. Avec son bâton, il fait un arc, un canne à pêche, j’ai pensé à la Préhistoire. Le bâton fait une sorte de bâton de sourcier. L’homme sous la bâche, la bâche comme une carte, avec la bâche, ils faisaient tout. Ça m’a fait penser à un conte. Avec peu de chose, on peut faire une pièce, très bien joué et on a eu la chance de dire bonjour au metteur en scène. L’acteur toujours en mouvement, je le garde comme un souvenir heureux avant un accident (forcément bête).
Martine, Alexandre, Stéphane, Marie-Hélène, Jacques, Nicolas, Sarah, Claude
At the Eart of the Benni Dance
Divine Dance Company • Garage International • 22h
C’était magnifique, les danseuses nous emmenaient dans un rêve agréable et entraînant. J’ai été époustouflé autant par l’esthétique que par la performance, je ne m’étais jamais intéressé à la danse du ventre, j’ai vraiment découvert. J’ai été surpris parce que je croyais que ce seraient des danseuses chinoises. J’ai été impressionné par la danse avec le sabre sur la tête. J’ai trouvé ça magnifique, je me suis senti à l’aise dans mon corps, avec l’envie de bouger et de faire de beaux gestes sensuels comme les femmes indiennes. Trois femmes qui ne sont pas taille mannequin, qui permettent à tout le monde de s’identifier, qui réveille une certaine forme de féminité. Des femmes très belles qui s’adressent au monde entier. J’y allais pour la danse orientale, mais j’ai vu la différence, une véritable découverte envoûtante. Les conditions d’accueil (dans un super hôtel) et la proximité des danseuses renforcent la «communion».
Alexandre, Cecilia, Sidonie, Maxime, Youness, Ismaël,
Le Petit Déjeuner
Le Petit Déjeuner, les nutrinionistes disent que c’est le repas le plus important de la journée. À Saint Joseph, il est varié et conséquent. Il est aussi pris dans la cour. En résumé, c’est une des principale rupture avec la vie de tous les jours, tout le monde mange (bien) en groupe et en plein air.
Stéphane
Stéphane vient au Cardan. Il y a rencontré Isabelle. Ensemble, ils fréquentent le groupe culture, où Stéphane n’aime pas trop parler. Il a fait partie de l’équipe de clowns des intermèdes de Leitura Furiosa. C’est la première fois qu’il vient à Avignon. Et maintennant, il n’a plus envie de rentrer et n’arrête pas de parler…
Youness
Youness habite Étouvie. Il a traîné ses fonds de shorts au CSC pendant longtemps, il y a accumulé un tas de souvenirs. Il pense que cela lui a permis de se convaincre qu’il pouvait réussir «comme n’importe qui». Cela l’a amené à obtenir un Master, à voyager, et à continuer à dire bonjour à tous, du PDG à la femme de ménage…
24 juillet 2011
In/Off : Différences
Nicolas parle des lieux : le In c’est dehors (en plein air) et le Off, c’est dans des salles obscures. Mais disent les autres, le premier spectacle que nous avons vu était en plein air. Ce n’est pas la même configuration, le spectacle du In, il n’y avait pas de parole, juste des gestes, un peu de la danse. Maxime ne perçoit pas de différences entre les spectacles qu’il a vu dans le In et ceux qu’il a vu dans le Off. Les spectacles que j’ai vu dans le Off m’ont plu, celui du In ne m’a pas plus, c’est la différence que je vois. Le spectacle qu’on a vu dans le In ressemble à quelque chose qu’on verrait à la MCA, des spectacles qu’on va voir pour la culture, des trucs où on sait qu’on va s’emmerder, alors que les spectacles du Off, on les choisit, ça semble plus libre. Le spectacle du In qu’on a vu, je me suis ennuyé alors que les autres, j’ai bien aimé. Moi, la différence que je vois : les spectacles du In sont joués pour la première fois à Avignon, ce sont peut-être des tests, alors que les spectacles du Off ont déjà été joués. La musique du spectacle du In m’a mise mal à l’aise, alors que ça ne m’a pas fait ça pour les autres spectacles. Ce n’est pas une question de professionnalisme, mais j’ai l’impression que les enjeux ne sont pas les mêmes au niveau des buts à atteindre pour la compagnie, c’est peut-être un test comme disait Youness, mais c’est aussi au niveau financier. Le spectacle du In ça nous est imposé et ce n’est donc pas forcément à notre goût, le Off, on fait notre choix. Dans tous les spectacles la lumière était soignée.
Exposition Universelle
Rachid Ouramdane • Cloitre des Célestins
C’est le seul spectacle du In que nous sommes allés voir, il a déclenché des réactions «mitigées». Nous avons choisi de donner chacun un mot positif et un mot négatif pour parler de ce spectacle.
Glauque et spécial.
Étrange et effrayant.
Musique moderne et danse diverse.
Rythme et droit à l’image.
Réflexion et angoissant.
Abstrait et sombre, intriguant (on a envie voir).
Logique et trop répétitif (ce qui mène à l’ennui).
Bizarre le temps de changement de chaussures et choquant.
La façon de danser et le cadre (la beauté du lieu).
La musique était belle et la danse pas à mon goût.
Électro et sang dans la bouche.
La perche qui tournait et le changement de chaussures sur scène.
Nicolas, Martine, Stéphane, Alexandre, Clarisse, Maxime, Cécilia, Marie-Hélène, Youness, Jacques, Sarah, Claude

















